Rencontre [Privé : Perso]

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Rencontre [Privé : Perso]

Message par Faith Beloved le Ven 25 Juil - 15:06

Daïmo, 12 août 538. La chaleur est étouffante, bien pire que je n'aurai pu me l'imaginer. Je viens à peine de quitter Talos qui, par son degré de pollution, vous étouffe et vous brûle mais la-bas, j'y vivais mieux, au moins, j'y étais habituée. Maintenant, je marche dans les champs, au travers de céréales qui y vivaient encore il y a peu, sentant sous mes pieds nus la rigidité de la végétation morte, asséchée par le soleil. Dans l'immédiat, j'ai besoin d'eau, besoin de repos mais je n'arrive pas à voir quand est-ce que je serai sortie des plantations, j'ai l'impression d'y être entré il y a des heures et de ne même pas encore en avoir atteint son centre. En me retournant, je peux voir Talos, au loin, ville sombre et sale entourée d'un halo de fumée noirâtre. Mon enfer est loin, mais mon paradis l'est tout autant.
Au loin, un petit point noir me redonne espoir, je suis plus que lassée de ce paysage plat et sans fin. Aussitôt, j'accélère, sourde à la douleur qui vrille mes pieds, priant pour que la forme soit un arbre, un puit, ou même un banc, tout me conviendrait pour un peu de repos. Plus j'avance et plus le point grandit et, malgré ma vision rendue floue, je peux enfin deviner à quoi j'ai affaire. Une machine agricole, énorme, jaune, d'où s'échappent paresseusement quelques nuages de fumée blanche. Elle est à l'arrêt, et, lorsque je fais encore quelques pas, je peux constater qu'un être se tient juste à ses côtés, penché sur les plantes. Avec hésitations, je franchis les derniers mètres qui me séparent de cette nouvelle rencontre et m'approche doucement de ce qui me semblait être un géant, tenant entre ses mains un brin de maïs sec. A mon approche, l'homme relève la tête et c'est avec soulagement que je peux constater qu'il est humain, tout comme moi. Ce n'est pas qu'un elfe, un démon ou autre me mettent mal à l'aise mais n'en aillant jamais rencontré, je ne saurai quel comportement adopter avec eux. Je m'arrête à quelques pas de lui, gardant le silence tandis que je le vois qui me détaille sans gêne. Je dois avoir l'air d'une sauvageonne, pieds nus, ma robe blanche tâchée de vert et de noir, les cheveux sales et emmêlés mais il ne dit rien et attend que je prenne la parole, probablement surpris par une telle rencontre au milieu de son champ.

"Bonjour, j-je... Je cherche à sortir d'ici, pour aller à un point d'eau, ou... une simple forêt ?"

Il hausse un sourcil, dubitatif. Ce ne doit pas être tous les jours qu'un être humain vient se perdre au milieu de maîs. Ses yeux s'attardent sur mes doigts noircis.

"Tu viens de Talos ?"

J'hoche la tête, confirmant ses dires.

"C'est bien la première fois que je vois une native de cette ville oser en fuir. Rien que pour ça, je peux te mener hors d'ici, mes terres s'arrêtent à l'aurée d'un bois."

Je remerçia et il me fit signe, m'indiquant de monter sur l'un des siège du véhicule. Les parties destinées à la culture étaient remontées, permettant à la machine de rouler aisément. Elle crachota un peu et le moteur se mit en route, puis l'homme lui fit faire demi-tour. Je profitait alors de cette petite virée pour tenter de lancer un semblant de conversation.

"Qu'avez-vous contre Talos ?"

Il me jetta un petit coup d'oeil, avant de répondre.

"Beaucoup de choses. Ses usines exploitent les ouvriers du berceau à la tombe, polluent énormément et ce, dans un but purement monétaire. Talos est un cancer pour Azuna, dont il faudrait se débarrasser au plus vite, avant qu'il ne gagne du terrain."

Je baissa les yeux, sans oser répondre. Les raisons de mon départ étaient purement égoistes, je n'étais pas spécialement pour la disparition de cette ville. Je ne savais pas encore qu'en connaissant la liberté, mon avis allait bien vite changer mais pour le moment, je me taisais, incapable d'approuver ou de contredire ses arguments. Il ne reprit pas la parole, comprennant probablement ma gêne. Après avoir roulé un certain temps à allure modérée, on arriva enfin aux limites des plantations. Le paysan était visiblement pressé de reprendre sa route, aussi je me dépêcha de le remercier puis prit le chemin de la forêt, savourant bien vite le plaisir de profiter de l'ombre des immenses arbres.
Après avoir marché un certain temps, je tomba enfin sur une clairière, dont le sol était couvert de trèfles. Bien mieux que je ne l'espérais... Épuisée et toujours assoiffée, je m'allongea sur le sol moelleux et sombra, accompagnée du léger chant des oiseaux, tandis que le jour tombait sur Azuna.

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Re: Rencontre [Privé : Perso]

Message par Faith Beloved le Sam 16 Aoû - 19:07

Ce fut leur présence qui m'éveilla. Malgré leur nombre, ils se déplacaient presque silencieusement, plus légers et prestes que des félins. A leur tête, un mâle de bonne taille, à la robe noire luisante et à la petite tête fière, surmontée de grandes cornes vertes. A leur vue, un cri de surprise me resta en travers de la gorge, il fallait dire que le spectacle valait son pesant d'or... Pour la première fois de ma vie, je me trouvait face à un troupeau de marche-ciels.
Enfant, j'en avais vu quelques uns à Talos, des bêtes décharnées aux yeux vides, soumises par la force à la volonté des hommes. Leurs cornes avaient été limées, leurs crins, coupés. Elles étaient des créatures quasi-divines et on les avaient écrasées à un rang qui ne leur octroyait ni conscience, ni dignité. Cependant, les animaux que j'avais devant les yeux n'avaient rien à voir avec ceux que j'avais pu croiser par le passé. Ils étaient fiers, libres et moi, humaine, ne pouvait que ployer l'échine sur leur passage. Après tout, j'étais sur leur territoire...
Recroquevillée sous mon arbre, je les observais se déplacer, les yeux écarquillés par l'émerveillement. Après l'étalon dominant, suivait une vieille femelle, à la robe grisâtre tachetée de bleu. Plus loin, une jeune jument tigrée était suitée d'un poulain aux mêmes marques, marchant à côté d'une demoiselle blanche nacrée. Broutant sous un arbre, je remarqua quelques jeunes équidés, proches de l'âge de départ, aux robes diverses telles que du noir refleté de mauve, du crème dilué ou encore un autre dont le poil marron était décoré de larges taches dorées. Tous portaient les crins longs à traîner par terre, ondulés et humidifés par l'air frais du matin.

Pas un ne daigna baisser le regard sur moi. Ils marchaient tous à grandes enjambées fluides, les naseaux au ras de l'herbe, arrachant par moment une bouchée de verdure tendre. Cependant, ils ne semblaient pas décidés à rester et même si il leur arrivait de s'éparpiller, leur regard restait fixé sur les moindres faits et gestes du chef, attendant que ce dernier décide du chemin à prendre.
Leur manège dura un certain temps, à s'éloigner et revenir, tandis que le mâle dominant tournait autour de ses femelles, la tête dressée à l''horizontale, caracolant avec fierté. Enfin, il s'arrêta et un son léger sorti de sa gorge, gagnant doucement en intensité tandis qu'il appellait son troupeau. Dès qu'il avait cessé tout mouvement, sa troupe en avait fait autant et chaque marche-ciel attendait qu'il ai fini sa tirade, signal d'un départ imminent.

Ils furent bien vite hors de ma vue, disparaîssant avec rapidité. De leur présence, ne restait pas la moindre trace, comme si ils avaient été un mirage et non une réalité. Je n'étais alors pas déçue, la scène avait été bref, mais magnifique. Déjà, je ne regrettais plus mon départ, à peine avais-je quitté les frontières de Talos que je voyais de plus belles choses en une journée qu'en 17 ans de vie entre ses murs...
Alors que je me laissais aller vers l'arrière, appuyée sur les mains, un mouvement attira mon attention. Plus loin, se tenait une jeune marche-ciel, à peine assez âgée pour être féconde. Sa robe clair était striée de noire, et sa petite tête mignonne, décorée de belles cornes bleues. Ses crins longs semblaient cependant emmêlés, enchevêtrés avec des feuilles de lierres qu'elle avait dû ramasser en passant dans un buisson.
Sans plus réfléchir, je m'approcha d'elle, l'appelant d'une voix douce qui se voulait rassurante.

"Allez ma belle, viens, approche toi, n'ai pas peur..."

Elle me fixait alors, ses yeux bleus cerclés de noirs accrochés à mon regard comme si elle essayait d'y deviner le danger que je représentais.
Après quelques pas, je fus à ses côtés, souriante, fière d'avoir réussi à l'approcher. Alors que je m'apprêtais à tendre la main pour qu'elle puisse en découvrir l'odeur, je baissa les yeux sur une chose qui me semblait anormale. Sa jambe semblait prise au piège, lacérée par des ronces qui grimpaient le loin de son membre délicat. Il ne m'en fallait pas plus pour que je me baisse sur la plaie et qu'à mains nues, je me plie à la lourde tâche qu'était celle de lui rendre la liberté et de panser ses blessures.

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